Inscription

Vous aussi, vous pouvez vous inscrire, en vue de faire un don de cellules souches du sang (mœlle osseuse)!

Comment donne-t-on?

Les cellules souches hématopoïétiques peuvent reconstituer la moelle osseuse d’un malade. Elles se trouvent au sein de la moelle osseuse, en petit nombre, mais ce sont elles qui sont importantes pour une greffe. A noter que, sauf à utiliser des techniques particulières, on ne transplante pas au patient une suspension purifiée de cellules souches mais un considérable mélange de cellules (cellules souches + cellules en voie de maturation + cellules mûres + cellules immunitaires telles que des lymphocytes de diverses catégories), ce qui correspond aux éléments se trouvant dans une moelle osseuse normale.
On utilise couramment deux méthodes :

Prélèvement chirurgical : la moelle osseuse se trouvant dans la partie spongieuse des os, on va la chercher là où elle se trouve, à un point du squelette facilement accessible. Il s’agit, dans ce cas, des os du bassin, au-dessus des fesses (crêtes iliaques). Après plusieurs tests médicaux de sécurité et d’aptitude au don du sang, réalisés ambulatoirement (ECG, radiographie du thorax, formule sanguine, tests biologiques et autres si nécessaire), le donneur, une fois déclaré apte, est hospitalisé et reçoit la visite d’un anesthésiste et du médecin qui réalisera le prélèvement. Le lendemain matin a lieu l’intervention, sous anesthésie générale. A l’aide d’un trocart, et à travers une ou deux ponctions au niveau de la peau des deux côtés, le trocart est introduit à plusieurs reprises dans l’os et, à chaque fois, un peu de moelle est aspirée à l’aide d’une seringue. Le prélèvement dure environ une heure. Son volume dépend du poids du receveur et n’excède que rarement le litre. Cela peut paraître énorme mais, en fait, ce prélèvement contient non seulement des cellules de la moelle osseuse dont les cellules souches mais aussi pas mal de sang. Le donneur quitte l’hôpital le lendemain.
Les effets secondaires sont des douleurs au niveau des ponctions, aisément calmées par des antalgiques mineurs et souvent une légère anémie, traitée par l’administration orale de fer (certains centres de prélèvement organisent au préalable des autotransfusions si le volume à prélever est important). Exceptionnellement, les douleurs peuvent persister plus que quelques jours. Le prélèvement n’a aucun effet sur la fonction de la moelle osseuse. Les cellules prélevées sont rapidement remplacées. Le seul risque est celui de l’anesthésie. Mais rappelons que ces risques sont d’autant plus faibles – par rapport à un malade ou un accidenté – que le donneur est, par définition, une personne en bonne santé.

Prélèvement par aphérèse : il s’agit d’un prélèvement réalisé en ambulatoire, au prix d’une à trois visites consécutives au Centre de transfusion, chacune d’une matinée environ. Il est aussi précédé des tests d’aptitude nécessaires et d’un examen visuel des veines des bras. Quelques jours avant le premier prélèvement, le donneur reçoit une dose journalière, par voie sous-cutanée, d’un médicament d’usage courant, qui a la propriété d’enrichir le sang en cellules souches hématopoïétiques en favorisant leur migration à partir de la moelle. On parle de « mobilisation » des cellules souches. Quand ces dernières se trouvent dans le sang en quantité suffisante (on peut les mesurer), la première procédure peut avoir lieu. La machine utilisée est dite « séparatrice de cellules ». Une aiguille (comme celle utilisée pour le don du sang) est placée dans une grosse veine du bras et est prolongée par une tubulure qui amène le sang à la machine. Celle-ci sélectionne et met de côté les cellules nécessaires à la greffe, et, dans un flux continu, rend au donneur tout ce qui n’est pas récolté, à travers une aiguille placée dans l’autre bras.
Les désagréments sont la durée de chaque aphérèse (environ 4 heures) et les ponctions veineuses. Le médicament utilisé peut provoquer un « syndrome grippal » comprenant quelques courbatures, des maux de tête, quelques transpirations nocturnes, parfois une discrète élévation de la température et un sentiment de fatigue. Ces symptômes disparaissent rapidement après l’arrêt des injections.
Des doutes avaient été émis à l’époque concernant l’innocuité à long terme du médicament permettant la mobilisation des cellules souches. Depuis lors, des milliers de donneurs ont été suivis et aucun effet secondaire tardif n’a été enregistré. Il faut ajouter que les Centres de greffe ont tout de même l’obligation de suivre les donneurs pendant plusieurs années, afin de s’assurer qu’aucun effet secondaire rare ou très tardif ne s’est manifesté.

Le choix entre les deux méthodes dépend des Centres de greffe, de l’âge du donneur, des législations de certains pays. Le prélèvement par aphérèse étant nettement moins pénible, cette méthode tend à s’imposer, particulièrement en Suisse.

Donneur familial ou donneur non-apparenté.

Un donneur familial, comme son nom l’indique, est une personne de la famille dont la compatibilité des tissus avec le futur receveur est jugée adéquate par le Centre de greffe. Les limites d’âge pour le don de cellules souches sont différentes de celles appliquées aux donneurs non-apparentés (exemple : don d’un enfant pour un frère ou une sœur). Les nouvelles approches de préparation à la greffe et des soins post-greffe ont permis d’élargir les chances de trouver un donneur au sein de la famille.
A défaut d’un donneur familial, les Centres de greffe recourent à un donneur non-apparenté, compatible. Ceci grâce à une magnifique organisation composée de Registres nationaux connectés, un exemple de coopération internationale et d’altruisme, organisation surtout active actuellement dans les pays dit « développés ». En Suisse par exemple, il y a plus de transplantations réalisées à partir de tels donneurs qu’avec des donneurs familiaux. On compte, dans le monde plus de 28 millions de personnes inscrites, dont plus de 100’000 suisses. Dans notre pays, cette organisation est représentée par Swiss Blood Stem Cells, à Berne, sous l’égide de Transfusion CRS Suisse. Par elle passe toutes les recherches de donneur, qu’elles soient formulées pour un patient domicilié en Suisse ou par un Centre étranger souhaitant que soit exploré le Registre suisse. Ces chiffres paraissent énormes mais en réalité ils sont encore insuffisants. Le système de compatibilité est si complexe qu’il faut plus que de tels chiffres pour améliorer encore les chances de trouver un donneur compatible.

Qui peut s’inscrire comme donneur non apparenté?

Toute personne âgée de 18 à 55 ans (on reste enregistré jusqu’à 60 ans), en bonne santé, remplissant les critères exigés pour le don de cellules souches du sang. La limite d’âge supérieure n’est valable que pour les donneurs non-apparentés. Il s’agit d’une démarche bénévole. L’anonymat est garanti. En cas de don, seul l’échange anonyme d’une lettre entre donneur et receveur est autorisé, après le don.

Où s’inscrire?

Ceci ne concerne donc pas les donneurs familiaux qui suivent une autre filière balisée par le Centre de greffe. Il existe deux manières de s’inscrire :

  1. se rendre sur le site de Swiss Blood Stem Cells. Une visite détaillée du site, très riche en information, est vivement conseillée. Il est aussi possible d’aller directement sur l’enregistrement en ligne (liens ci-dessous).
  2. L’autre possibilité est de prendre rendez-vous dans le service régional de transfusion de la Croix-Rouge suisse le plus proche (Genève, Vaud, Neuchâtel/Jura, Fribourg, Valais, pour la Suisse romande). La personne, donneur potentiel, sera convoquée pour un entretien. En cas d’enregistrement comme donneur, un prélèvement de sang ou un frottis buccal sera effectué, afin de faire le typage des tissus (groupage HLA). Ces données sont ensuite transmises de façon codée au registre de Swiss Blood Stem Cells.


Liens utiles :

www.bloodstemcells.ch/
www.sbsc.ch/enregistrement

Centres de transfusion :

Genève :   022 372 39 01
Neuchâtel-Jura :   032 067 20 31
Valais :   027 603 48 79
Vaud :   021 333 16 16
Fribourg :   026 426 81 93