Le don de moelle osseuse

Comment donne-t-on ? 

Les cellules souches hématopoïétiques peuvent reconstituer la moelle osseuse d’un malade. Elles se trouvent au sein de la moelle osseuse, en petit nombre, mais ce sont elles qui sont importantes pour une greffe. A noter que, sauf à utiliser des techniques particulières, on ne transplante pas au patient une suspension purifiée de cellules souches mais un considérable mélange de cellules (cellules souches + cellules en voie de maturation + cellules mûres + cellules immunitaires telles que des lymphocytes de diverses catégories), ce qui correspond aux éléments se trouvant dans une moelle osseuse normale. 

On utilise couramment deux méthodes: 

Prélèvement chirurgical : la moelle osseuse se trouvant dans la partie spongieuse des os, on va la chercher là où elle se trouve, à un point du squelette facilement accessible. Il s’agit, dans ce cas, des os du bassin, au-dessus des fesses. Après plusieurs tests médicaux de sécurité, réalisés ambulatoirement (prise de sang, ECG, radiographie du thorax et autres, si nécessaire), le donneur, une fois déclaré apte, est hospitalisé et reçoit la visite d’un anesthésiste et du médecin qui réalisera le prélèvement. Le lendemain matin a lieu l’intervention, sous anesthésie générale. A l’aide d’un trocart, et à travers une ou deux ponctions au niveau de la peau des deux côtés, le trocart est introduit à plusieurs reprises dans l’os et, à chaque fois, un peu de moelle est aspirée à l’aide d’une seringue. Le prélèvement dure environ une heure. Son volume dépend du poids du receveur et n’excède que rarement le litre. Cela peut paraître énorme mais, en fait, ce prélèvement contient non seulement des cellules de la moelle osseuse mais aussi pas mal de sang. Le donneur quitte l’hôpital le lendemain.

Les effets secondaires sont des douleurs au niveau des ponctions, aisément calmées par des antalgiques mineurs et souvent une légère anémie, traitée par l’administration orale de fer (certains centres de prélèvement organisent au préalable des autotransfusions si le volume à prélever est important). Exceptionnellement, les douleurs peuvent persister plus que quelques jours. Le prélèvement n’a aucun effet sur la fonction de la moelle osseuse. Les cellules prélevées sont très rapidement remplacées. Le seul risque est celui de l’anesthésie. Mais rappelons que ces risques sont d’autant plus faibles – par rapport à un malade ou un accidenté – que le donneur est, par définition, une personne en bonne santé.

Prélèvement par aphérèse : il s’agit d’un prélèvement réalisé en ambulatoire, au prix de une à trois visites consécutives au Centre de transfusion, chacune d’une matinée environ. Quelques jours avant le premier prélèvement, le donneur reçoit une dose journalière, par voie sous-cutanée, d’un médicament d’usage courant, qui a la propriété d’enrichir le sang en cellules souches hématopoïétiques en favorisant leur migration à partir de la moelle. On parle de « mobilisation » des cellules souches. Quand ces dernières se trouvent dans le sang en quantité suffisante, la première procédure peut avoir lieu. La machine utilisée est dite « séparatrice de cellules ». Une aiguille (comme celle utilisée pour le don du sang) est placé dans une grosse veine du bras et est prolongée par une tubulure qui amène le sang à la machine. Celle-ci sélectionne et met de côté les cellules nécessaires à la greffe, et, dans un flux continu, rend au donneur tout ce qui n’est pas récolté, à travers une aiguille placée dans l’autre bras.

Les désagréments sont la durée de chaque aphérèse (environ 4 heures) et les ponctions veineuses. Le médicament utilisé peut provoquer un « syndrome grippal » comprenant quelques courbatures, des maux de tête et parfois une discrète élévation de la température. Ces symptômes disparaissent sitôt après l’arrêt des injections. Des doutes avaient été émis à l’époque concernant l’innocuité à long terme du médicament permettant la mobilisation des cellules souches. Depuis lors, des milliers de donneurs ont été suivis et aucun effet secondaire tardif n’a été enregistré. 

Le choix entre les deux méthodes dépend des Centres de greffe, de l’âge du donneur, des législations de certains pays. Le prélèvement par aphérèse étant nettement moins pénible, cette méthode tend à s’imposer, particulièrement en Suisse.

Qui peut donner ? 

Toute personne âgée de 18 à 55 ans, en bonne santé, remplissant les critères exigés pour le don du sang. La limite d’âge supérieure n’est valable que pour les donneurs non-apparentés pour lesquels, en outre,  l’âge limite d’inscription dans le registre de la Fondation des Cellules souches du sang est fixé à 45 ans. 

Où s’inscrire ? 

Ceci ne concerne pas les donneurs familiaux qui suivent une autre filière. Si l’on souhaite s’inscrire comme donneur anonyme et bénévole, il faut le faire dans le service régional de transfusion de la Croix-Rouge suisse le plus proche (Genève, Vaud, Neuchâtel/Jura, Fribourg, Valais, pour la Suisse romande). La personne, donneur potentiel, sera convoquée pour un entretien, pour expliquer la procédure, répondre à ses questions et déterminer l’aptitude au don. En cas d’enregistrement comme donneur, un prélèvement de sang sera effectué, afin de vérifier l’aptitude au don, de déterminer ou vérifier le groupe sanguin et faire le groupage des tissus (groupage HLA). Ces dernières données sont ensuite transmises de façon anonyme au registre de la Fondation des Cellules souches du sang, à Berne. 

Liens utiles :

 http://www.bloodstemcells.ch/ Fondation Cellules souches de sang.

 http://www.transfusion.ch/  Services régionaux de transfusion sanguine